Vue des sept Meuses

Histoire de la Tétêche

Une jeune fille de Burnot, Tétêche Pauquin, aimait un jeune Profondevillois, Guillaume Lauthin. Mais leurs sentiments réciproques ne rimaient pas aussi bien que leurs noms de famille. Or, Tétêche avait son idée. Elle eut recours aux offices de Notre-Dame de la Pierre à l’Image. Tétêche venait la prier ostensiblement de toucher le cœur de Guillaume. Celui-ci n’était pas sans avoir compris. Caché un jour derrière la Pierre et contrefaisant la voix fluette de l’Enfant-Jésus, il dit ironiquement dans son patois de Profondeville, à Tétêche, en prière :

«  Tétêche Pauquin, ne pleurez nin, Guillaume Lauthin vous ne l’aurez nin ».

Mais Tétêche, fine mouche, répartit doucement, sans sourciller.

« Taisez-vous, Petit Jésus, vous ne savez pas ce que c’est ; laissez parler votre Sainte Mère, elle est plus âgée que vous ».

Cité par Jacques Monbaerts dans « A Profondeville, en parlant de la Meuse, des gens, des bêtes et des choses » – Editions Héraldy - 1947